Events Ascame/ février 13, 2026/ En vedette, Membres de l'Ascame

Lors du récent sommet des dirigeants de l’UE, qui s’est tenu le 12 février 2026 au château d’Alben Biesen (Belgique), l’Europe a été confrontée à une question cruciale: est-elle vraiment attachée à sa souveraineté, à sa sécurité et à sa prospérité à long terme? La vision du « Made in Europe » doit guider toutes les décisions politiques visant à renforcer la compétitivité de l’industrie manufacturière européenne. Les 26,1 millions d’entreprises industrielles et artisanales européennes fournissent 65% des emplois et offrent un savoir-faire et des possibilités de formation uniques, ce qui les rend essentielles pour l’innovation, la résilience des chaînes d’approvisionnement et le dynamisme des communautés rurales et urbaines. Pour renforcer la compétitivité, la préparation et la résilience des PME, il est essentiel de disposer d’outils et de mécanismes de soutien adaptés. Ceux-ci doivent garantir la continuité des activités et aider les entreprises à naviguer dans un environnement mondial de plus en plus complexe et exigeant.

Les PME européennes du secteur de la fabrication et de la transformation sont le moteur de la prospérité locale et soutiennent la compétitivité mondiale de l’Europe. Cependant, beaucoup d’entre elles sont encore confrontées à des réglementations complexes, à des marchés fragmentés, à des coûts énergétiques élevés, à une concurrence déloyale et à un accès limité au financement. La simplification de la réglementation et l’allègement des charges administratives inutiles sont essentiels pour éviter l’apparition de nouveaux obstacles. Dans le même temps, la sécurité juridique et des conditions de concurrence équitables doivent être garanties. La législation doit être conçue dès le départ en tenant compte des PME, avec des exigences proportionnées, des délais réalistes, des orientations claires et des mesures de protection qui préservent la production européenne. Les États membres doivent également éviter toute mise en œuvre excessive et veiller à l’application et au respect cohérents des règles de l’UE, y compris dans leurs relations avec les partenaires commerciaux et d’investissement des pays tiers.

La Chambre de Commerce et d’Industrie du Pirée soutient la position de la Fédération Hellénique des Entreprises (SEV) et approuve les cinq propositions clés avancées par les organisations patronales européennes. Premièrement, les autorités doivent faire confiance aux entrepreneurs pour atteindre les objectifs politiques sans leur imposer, par une bureaucratie excessive, chaque étape, leur laissant la liberté d’opérer et de se développer, tant au niveau local qu’au-delà des frontières, dans un cadre réglementaire favorable.

Deuxièmement, l’UE doit tirer pleinement parti du marché unique en tant que moteur de la compétitivité. Il est essentiel de garantir une concurrence loyale: l’ouverture ne doit pas compromettre la viabilité des entreprises européennes, mais doit garantir des conditions de concurrence équitables entre les entreprises de l’UE et celles des pays tiers, en particulier dans l’économie numérique. Troisièmement, la résilience énergétique reste fondamentale. On ne peut attendre des PME qu’elles investissent et se développent alors qu’elles sont confrontées à des coûts énergétiques volatils et imprévisibles. Quatrièmement, l’amélioration de l’accès au financement et aux talents qualifiés reste un facteur décisif pour la compétitivité des PME. 

Cinquièmement, l’Europe doit parvenir à la souveraineté numérique d’une manière qui fonctionne pour les PME, en garantissant un accès sécurisé aux données, aux infrastructures et aux outils numériques sans imposer de charges administratives disproportionnées.

L’avenir de l’entrepreneuriat européen sera déterminé par les décisions cruciales des dirigeants européens et, dans ces décisions, les PME manufacturières doivent être reconnues comme une priorité stratégique. Il reste à voir combien et qui partagent l’initiative « acheter européen », donnant ainsi un élan à l’industrie européenne, et qui émettent des réserves à l’égard du « Made in Europe ». Ce qui est certain, c’est que deux « camps » se sont formés au sein de l’UE, le camp germano-italien ne souhaitant pas de mesures protectionnistes qui pourraient aliéner les partenaires commerciaux des pays tiers et les intérêts des investisseurs étrangers. Je pense que la Grèce se rangera du côté des pays qui souhaitent une Europe avec des investissements publics élevés, une dépendance réduite, des règles différenciées, moins de bureaucratie et un soutien plus fort à l’industrie et à l’artisanat nationaux. De petites et moyennes entreprises compétitives sont également synonymes d’une Europe compétitive.

 

Cet article d’opinion a été rédigé par M. Vassilis Korkidis, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pirée, membre de l’ASCAME.

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