Events Ascame/ décembre 17, 2024/ En vedette, Membres de l'Ascame

L’ASCAME a récemment rejoint le Dialogue Méditerranéen sur l’Énergie Durable et le Climat (MEDSEC), la première plateforme méditerranéenne dédiée à la coopération multipartite et à la diplomatie climatique pour le développement durable par le biais de l’énergie renouvelable dans la région. En travaillant avec tous les pays MED, MEDSEC vise à promouvoir une approche régionale pour une transition énergétique juste et à contribuer à l’objectif mondial de tripler la capacité d’énergie renouvelable d’ici 2030. Cette initiative a été lancée par le partenaire d’ASCAME, Greening The Islands Foundation (GTI), partenaire du Projet D4T du Programme Interreg EuroMed, qui soutient la durabilité et l’autosuffisance des îles dans le monde entier en promouvant des solutions innovantes et des projets nexus-smart, et en renforçant la coopération entre les différents acteurs. Dans l’interview qui suit, M. Gianni Chianetta, président de GTI et cofondateur et chef du secrétariat de MEDSEC, nous donne plus de détails sur cette initiative et sa contribution à la transition énergétique en Méditerranée. M. Chianetta évoque également le rôle clé de l’ASCAME dans la réalisation des objectifs durables dans la région au cours des prochaines années.

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Le changement climatique affecte gravement les îles à l’échelle mondiale. Quelles sont les mesures les plus importantes à prendre pour faire face aux nouveaux défis climatiques dans les îles méditerranéennes?
Le changement climatique affecte de manière disproportionnée les petites îles du monde entier, bien qu’elles contribuent pour moins de 1 % aux émissions totales de gaz à effet de serre, et il aggrave leurs vulnérabilités structurelles, telles que l’isolement géographique, la taille limitée du marché, la dépendance à l’égard des combustibles fossiles, la dépendance à l’égard de l’eau et l’importation de denrées alimentaires. Selon le GIEC, la région méditerranéenne se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, les températures dépassant déjà le seuil cible de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Par conséquent, les effets fortement interconnectés tels que les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies de forêt, la désertification, le réchauffement de la mer et l’acidification s’aggravent.

Pour relever ce défi, nous devons accélérer la transition énergétique, car l’énergie est le seul secteur capable de décarboniser tous les secteurs industriels. Les stratégies énergétiques des petites îles doivent prendre en compte l’électrification progressive d’autres secteurs grâce au puissant lien entre les énergies renouvelables et l’eau, l’énergie, l’alimentation, la mobilité, etc. Les énergies renouvelables décentralisées peuvent également contribuer à atténuer les effets des phénomènes météorologiques extrêmes. En ce sens, des actions à multiples facettes sont nécessaires, telles que l’élaboration de cadres politiques et réglementaires favorables, la modernisation des infrastructures, l’amélioration des mécanismes de financement, la promotion de modèles commerciaux innovants et le soutien aux changements de comportement des résidents et des visiteurs.

Afin de relever ces défis, la Fondation Greening the Islands promeut la transition durable des îles et sa reproductibilité sur le continent. Pouvez-vous nous donner quelques exemples de votre travail dans la région méditerranéenne?
L’Observatoire de l’Écologisation des îles a travaillé dans de nombreuses îles de la Méditerranée : les îles éoliennes et d’autres îles italiennes mineures, Malte et Gozo; Elafonisos, Chalki et d’autres îles grecques; l’île croate de Cres; l’île tunisienne de Kerkennah, et bien d’autres encore. Au fil des ans, nous avons organisé des conférences et des réunions techniques sur les îles de la région, et nous avons également appliqué notre indice mondial à certaines d’entre elles afin d’évaluer et de contrôler leur durabilité et de proposer des recommandations pour l’améliorer. L’île grecque de Chios, comme nous l’avons récemment annoncé lors de la COP29, est devenue la première île méditerranéenne à rejoindre notre initiative des îles 100 % SER, ce qui la placera sur la voie d’un modèle vert dans la région. Nos études de cas sur les îles démontrent la faisabilité technique et économique d’une transition vers 100 % d’énergies renouvelables. Cette transition n’est pas seulement liée au secteur de l’énergie, mais plus largement, elle est primordiale pour la décarbonisation et la revitalisation de l’ensemble de l’économie par la création d’emplois, la réduction des coûts, l’autonomisation des chaînes de valeur locales et la circularité. Nous devons surmonter le principal obstacle: l’accès au financement. Dans notre méthodologie, nous insistons sur l’implication précoce des acteurs locaux et du secteur privé.

La région méditerranéenne se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, les températures dépassant déjà le seuil cible de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Par conséquent, les effets fortement interconnectés tels que les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies de forêt, la désertification, le réchauffement de la mer et l'acidification s'aggravent

En quoi les îles jouent-elles un rôle clé dans la transition vers un monde durable?
Les petites îles ont des caractéristiques très particulières qui les rendent sujettes à des problèmes liés à la pénurie d’eau, à l’approvisionnement en nourriture, à la sécurité énergétique, à la gestion des déchets, à l’intégrité des infrastructures, aux phénomènes météorologiques extrêmes, etc. Ces questions ont également un impact sur les grandes villes et sont au cœur même du thème de l’économie circulaire. La motivation des petites îles est forte, car elles doivent réduire leurs coûts et développer un tourisme plus durable. En outre, à plus petite échelle et avec un investissement relativement moindre, les résultats sont plus immédiatement visibles. Elles constituent donc des laboratoires idéaux pour tester des solutions circulaires qui peuvent être reproduites et résoudre des problèmes sur le continent.

Parlons de votre participation à des projets de gouvernance pertinents visant à renforcer la durabilité dans la région méditerranéenne. GTI est partenaire du projet Interreg Euro-MED D4T. Quel type d’initiatives de tourisme durable mettez-vous en œuvre dans le cadre du projet D4T dans les îles méditerranéennes?
GTI sert de catalyseur dans les relations entre les gouvernements, les entreprises, les universités et les citoyens, et encourage les meilleures pratiques et le partage des connaissances. GTI contribue au Projet Dialogue4Tourism grâce à son expérience dans la mise en relation des besoins des îles avec des solutions créatives, permettant des projets pour la transition durable des îles et leur reproduction sur le continent. L’Observatoire GTI s’efforce de donner une continuité aux échanges scientifiques et de soutenir la création de projets par l’intermédiaire de groupes de travail et de rapports, afin de promouvoir la collaboration entre les secteurs public et privé, d’élaborer des recommandations politiques, d’identifier les possibilités de financement, de créer des coalitions pour les appels d’offres, tout en impliquant toutes les parties prenantes concernées. Cette expertise est essentielle pour l’expansion du réseau Med d’Observatoires du Tourisme Durable par le Projet Dialogue4Tourism. L’indice mondial GTI est un outil précis pour évaluer et suivre les progrès des îles vers la durabilité. L’indice comprend un ensemble d’indicateurs (énergie, eau, mobilité, déchets, environnement et bientôt agriculture, qualité de l’air), où l’ensemble de l’indice peut être étendu et évaluer la durabilité du tourisme.

L’ASCAME est l’un des partenaires de l’appel à l’action MEDSEC (Dialogue méditerranéen sur l’énergie durable et le climat) lancé pour soutenir l’initiative TeraMED, qui promeut un objectif régional d’une capacité d’énergie renouvelable de 1 térawatt en Méditerranée d’ici 2030. Pourriez-vous expliquer ce qu’est MEDSEC et quelles sont les actions clés qui peuvent faire progresser la région vers cet objectif?
MEDSEC est la première plateforme de dialogue multipartite sur l’énergie et le climat en Méditerranée, créée par l’Union pour la Méditerranée (UpM), le Centre régional pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (RCREEE) et la Fondation Greening the Islands (qui gère le secrétariat de MEDSEC), parce que nous voulions nous assurer que toutes les parties clés soient incluses et prises en compte. C’est d’ailleurs la même approche que la Fondation GTI adopte avec les îles. TeraMED s’appuie sur une vision de la Méditerranée en tant que modèle pour concrétiser l’ambition mondiale exprimée dans l’objectif de tripler les énergies renouvelables fixé lors de la COP28, grâce au développement d’une stratégie commune et juste pour la stabilité, la sécurité et la croissance à long terme de la région. Pour soutenir l’initiative et catalyser l’ambition, MEDSEC a lancé une lettre ouverte avec le soutien de plusieurs parties prenantes régionales et mondiales, afin d’appeler les gouvernements méditerranéens à agir sur certaines priorités clés. En particulier, pour atteindre l’objectif commun, il est important que les gouvernements établissent des objectifs nationaux ambitieux en matière d’énergies renouvelables, renforcent la coopération et la diplomatie climatiques, conçoivent et adoptent des politiques et des réglementations favorables, étendent et modernisent l’infrastructure du réseau, améliorent les conditions du marché et les mécanismes de financement, et impliquent les parties prenantes locales. Nous avons apporté l’appel à l’action à la COP29 où nous l’avons présenté à plusieurs gouvernements et n’avons reçu que soutien et participation.

Les petites îles ont des caractéristiques très particulières qui les rendent sujettes à des problèmes liés à la pénurie d'eau, à l'approvisionnement en nourriture, à la sécurité énergétique, à la gestion des déchets, à l'intégrité des infrastructures, aux phénomènes météorologiques extrêmes, etc. Ces questions ont également un impact sur les grandes villes et représentent le cœur même du sujet de l'économie circulaire

À l’horizon 2025, quelles actions allez-vous entreprendre pour impliquer le secteur privé dans cette initiative? Quel pourrait être le rôle de l’ASCAME?
Nous nous sommes engagés à impliquer les secteurs privés locaux de tous les pays méditerranéens dans la discussion avec tous les autres acteurs concernés afin de garantir que le développement socio-économique local reste une priorité essentielle de l’initiative. Il est difficile d’avoir beaucoup d’acteurs, c’est pourquoi nous devons impliquer des représentants de différentes catégories. La présence d’une organisation telle qu’ ASCAME, qui peut représenter toutes les industries locales, simplifie grandement le défi et permet une participation efficace des entreprises de la région. L’ASCAME peut apporter le point de vue de l’industrie locale dans le dialogue et peut également stimuler les gouvernements locaux à prendre des mesures sur les points de la lettre ouverte. Notre objectif pour l’année prochaine est d’approfondir chaque demande de la lettre ouverte lors de réunions spécifiques avec les principaux acteurs concernés.

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