Events Ascame/ décembre 29, 2025/ En vedette, Membres de l'Ascame
Le Conseil européen a décidé d’appliquer un droit de douane fixe de 3 euros sur les colis de faible valeur d’une valeur inférieure à 150 euros entrant dans l’UE à partir du 1er juillet 2026. La mesure restera en vigueur jusqu’à ce que le dispositif permanent pour de tels colis, tel qu’il a été convenu en novembre 2025 au niveau européen, entre en vigueur. La taxe sera prélevée sur tous les biens entrant dans l’UE pour lesquels les vendeurs non européens sont enregistrés dans le guichet unique d’importation de l’UE, l’IOSS pour le paiement de la TVA, couvrant 93 % des flux de commerce électronique vers les pays européens. À mon avis, l’impact de cette décision sur la politique est limité, et les « petits colis » à faible coût continueront de suivre une tendance à la hausse.
L’explosion des importations bon marché avec 4,6 milliards de colis par an en provenance de Chine vers l’UE a conduit l’Ecofin à une décision qui, bien qu’elle mette fin aux petits colis gratuits, ne limitera pas leur flux en raison de la grande différence de prix et des marges que les plateformes asiatiques peuvent facilement absorber de 0,5 à 3 euros avec des remises supplémentaires. Les autres raisons pour lesquelles 3 euros ne suffisent pas sont liées au comportement des consommateurs, tandis que le modèle logistique reste intact, puisqu’il ne s’agit pas d’un tarif douanier, mais d’une taxe fixe. Le retard de 6 mois dans la mise en œuvre de l’engagement politique de novembre suscite des interrogations. Avec cette mesure, l’Europe ne répond pas complètement au fait que les petits colis en provenance de plateformes bien connues, qui entrent actuellement en franchise de droits, entraînent une concurrence déloyale, mais aussi des risques pour la santé et la sécurité des consommateurs, un niveau élevé de fraude et des problèmes environnementaux.
Peut-être que l’intérêt majeur réside dans le fait que cette mesure s’appliquera à tous les biens pour lesquels des vendeurs non européens sont enregistrés auprès du point unique d’importation de l’UE, l’IOSS, à des fins de taxe sur la valeur ajoutée. La question ici, cependant, est de savoir si cette mesure favorise finalement les grandes plateformes qui ont investi dans des infrastructures de stockage dans les pays de la zone euro, malgré le fait que la Commission devrait régulièrement évaluer si le taux doit être étendu aux biens importés et vendus par des commerçants non enregistrés auprès de l’IOSS. Il est à noter que les entreprises important les mêmes articles sont soumises à des droits de douane, à la TVA, aux frais de dédouanement et aux exigences de conformité aux normes européennes.
La question est de savoir si la mesure favorise finalement les grandes plateformes qui ont investi dans des installations de stockage dans les pays de la zone euro, malgré le fait que la Commission devrait évaluer régulièrement si le taux doit être étendu aux biens importés et vendus par des commerçants non enregistrés auprès de l'IOSS
L’engagement initial de trouver une solution simple et temporaire pour imposer des droits de douane sur de tels produits dès que possible semble être retardé, et une période de transition débutera le 1er juillet 2026 jusqu’à ce qu’un accord sur une solution permanente, qui supprimera complètement le seuil de franchise, soit mis en œuvre. L’objectif est que tous les biens individuels d’une valeur inférieure à 150 € soient soumis à des droits de douane aux taux standard de l’UE. Il est également noté que cette mesure diffère de la « redevance de gestion » proposée, actuellement en discussion dans le cadre du paquet de réforme douanière et du cadre financier pluriannuel.
Selon les données de l’Institut du Commerce et des Services (INEMY) et de la Confédération Hellénique du Commerce et de l’Entrepreneuriat (ESEE), plus de 91 % des colis d’une valeur inférieure à 150 euros importés dans l’UE proviennent de Chine, tandis qu’en Grèce, on estime qu’environ 50.000 commandes arrivent chaque jour. Il est révélateur qu’un euro sur cinq provenant des achats effectués par les Grecs sur des plateformes électroniques se retrouve en Chine, le chiffre d’affaires estimé des achats se situant entre 529 et 627 millions d’euros. Selon l’organisation GRECA, les conditions pour les entreprises grecques sont étouffantes, car les grandes plateformes ont déjà capturé 15 % à 20 % du marché grec du commerce en ligne. Les pertes totales pour l’économie grecque dues à l’invasion des boutiques en ligne de pays tiers sont estimées entre 188 et 204 millions d’euros.
La Grèce a officiellement soutenu la proposition d’imposer des droits de douane sur les colis de faible valeur en provenance de pays tiers, et en fait, le ministre de l’Économie nationale et des Finances, M. Kyriakos Pierrakakis, a souligné que la Grèce soutient pleinement l’abolition du montant minimum de 150 euros, tandis qu’en tant que président de l’Eurogroupe, il pourra coordonner en pratique le débat crucial sur le commerce européen. Les représentants du commerce grec, participant activement à l’élaboration des positions d’EuroCommerce et des avis du CESE à la Commission, proposent l’institutionnalisation d’un mécanisme unique au niveau de l’UE, qui permettrait à la Commission d’imposer, dans des cas exceptionnels mais critiques, même une restriction temporaire ou une suspension de l’accès au marché européen pour les plateformes électroniques et les commerçants de pays tiers.
Cet article d’opinion a été rédigé par M. Vassilis Korkidis, Président d’un membre de l’ASCAME, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pirée.
