- juillet 14th, 2025
L’ASCAME a participé à l’événement ‘Paths That Last – Collaborating for a Sustainable Tourism in the Mediterranean’, qui s’est tenu à Split (Croatie) les 25 et 26 juin. Ce sommet de deux jours, organisé par le Mediterranean Multi-Programme Mechanism (MMM), a rassemblé les autorités de gestion des 8 programmes Interreg MED et plus de 200 partenaires de projets sur le tourisme durable en Méditerranée. Cet événement a été une excellente occasion d’entrer en contact avec les partenaires et les bénéficiaires des huit programmes, de partager les idées, les meilleures pratiques et les résultats des initiatives de tourisme durable, et de développer conjointement des stratégies et des recommandations clés pour influencer l’avenir du tourisme dans la région.
Le premier jour, les tables rondes se sont concentrées sur le renforcement de la coopération et la promotion du tourisme durable à travers la Méditerranée. Les tables rondes du matin ont mis en lumière les efforts de collaboration des programmes Interreg à travers le MMM, en présentant des activités conjointes et des stratégies de capitalisation visant à renforcer les synergies et les pratiques d’intégration. Des experts d’Interreg Europe, d’Europe Centrale et d’autres organismes régionaux ont partagé des méthodologies pour s’aligner sur les objectifs de cohésion plus larges de l’UE. Une session prospective a exploré le paysage post-2027, en mettant l’accent sur l’innovation et l’engagement des jeunes. L’après-midi, des intervenants de l’Union pour la Méditerranée, de la Commission Européenne et du UNEP/MAP se sont penchés sur des initiatives stratégiques et sectorielles, offrant un aperçu de la gouvernance du tourisme durable, de la stratégie méditerranéenne pour le développement durable et du rôle des transitions bleues et vertes dans le façonnement de l’avenir de la région.
Exploiter les synergies entre les programmes
Un thème récurrent dans toutes les sessions a été l’importance de favoriser les synergies entre les 8 programmes Interreg MED.Les panélistes ont réfléchi à ces synergies de différents points de vue:
- Faciliter l’échange de connaissances entre les projets des différents programmes Interreg MED.
- Créer des liens durables au-delà des frontières « habituelles » des programmes.
- Promouvoir l’adaptation d’outils, de modèles et de pratiques efficaces dans le domaine du tourisme durable.
- Transférer les solutions des projets vers des zones géographiques différentes, plus larges (du transfrontalier au transnational), ou plus profondes (du transnational au transfrontalier).
Dans ce contexte, M. Curzio Cervelli, Chef du Secrétariat Conjoint du Programme Interreg Euro-MED, a souligné le rôle vital de la collaboration entre les partenaires à travers la Méditerranée. Il a souligné qu’une telle coopération ne favorise pas seulement les pratiques de tourisme durable, mais renforce également la cohésion territoriale et garantit que les résultats sont effectivement appliqués par les administrations publiques, le secteur privé et la société civile. Selon M. Cervelli, « ces synergies augmentent non seulement la visibilité des initiatives Interreg MED, mais contribuent également à relever les défis émergents du tourisme durable ».
Les panélistes se sont fait l’écho de ce sentiment, soulignant l’impact local tangible des programmes transnationaux et la nécessité d’étendre la coopération au-delà de l’Europe pour inclure le sud de la Méditerranée. Les experts se sont accordés sur le fait que l’exploitation des synergies nécessite un changement d’état d’esprit, une réflexion innovante et une collaboration à un stade précoce. Tous les intervenants ont reconnu que les programmes Interreg étaient de puissants catalyseurs de nouvelles solutions, reliant les parties prenantes par-delà les secteurs et les frontières. Comme ils l’ont conclu, « c’est un moteur essentiel de l’innovation et de la cohésion territoriale en Méditerranée », et ils ont souligné l’importance d’une participation inclusive de tous les types de parties prenantes.
Aligner le tourisme durable sur les stratégies d’économie bleue
M. Christos Economou, Directeur Adjoint pour la Politique marine et l’Économie bleue et Chef d’Unité pour les Stratégies de bassin maritime, la Coopération régionale maritime et la Sécurité maritime à la Direction Générale des Affaires Maritimes et de la Pêche de la Commission Européenne (DG MARE), a apporté une perspective précieuse à la discussion. Il a souligné le potentiel inexploité des synergies entre l’industrie du tourisme et l’économie bleue, notant leur capacité à stimuler le développement durable, la croissance économique et la gestion de l’environnement. Dans ses remarques, M. Economou a souligné les possibilités d’intégrer le tourisme côtier et marin, tel que l’écotourisme et les activités récréatives, dans le développement économique local durable. Il a également insisté sur la nécessité d’une planification efficace de l’espace maritime, en soulignant que « le tourisme durable n’est pas le seul secteur en concurrence pour l’espace maritime » et en insistant sur l’importance d’aligner le tourisme sur d’autres utilisations maritimes.
Sur cette base, Mme. Adriana Salazar, experte en économie bleue durable auprès de l’Union pour la Méditerranée, a appelé à une intégration plus stratégique du secteur privé méditerranéen dans des cadres plus larges d’économie bleue. Elle a souligné que les acteurs privés de la région ont le potentiel pour devenir des leaders dans la transition verte et bleue, en contribuant au développement durable tout en faisant avancer leurs propres objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Comme elle l’a dit, « les acteurs du secteur privé méditerranéen ont le potentiel de devenir des leaders et des champions de la transition verte et bleue à travers le bassin, au bénéfice de leur triple bilan ».
Renforcer le secteur privé et la jeunesse dans les programmes Interreg
M. Economou a souligné le double rôle du secteur privé dans le lancement d’entreprises durables et dans la garantie de leur viabilité à long terme en transformant des idées novatrices en solutions prêtes à être commercialisées. Au cours de la session « Powering Synergies: Capitalisation & Mainstreaming », Mme. Mercedes Acitores, Senior Project Manager chez INTERACT European Cooperation, a renforcé ce message en soulignant l’importance du transfert des connaissances, des meilleures pratiques et des résultats des initiatives de tourisme durable d’Interreg vers les acteurs privés: « Les entreprises, les clusters, les chambres de commerce et les associations d’entreprises peuvent directement participer en tant que partenaires de projet, en particulier dans le domaine du tourisme durable ». Mme. Acitores a également souligné que « les entreprises sont essentielles pour accroître l’impact et combler le fossé entre la recherche et le marché ».
La promotion de l’implication des jeunes dans les programmes Interreg a été un autre sujet de discussion important. L’un des panélistes qui a le plus insisté sur cette idée est M. Aldo Puleo, autorité de gestion du Programme Interreg NEXT MED: « Nous devons former la prochaine génération, impliquer les jeunes et attirer l’attention de l’UE sur le tourisme durable ». Selon lui, « les programmes Interreg s’engagent pleinement à impliquer les jeunes dans leurs projets et à les faire participer activement à la transformation durable de l’industrie du tourisme ». Un panel de jeunes a exprimé son souhait d’être davantage impliqué dans la création de solutions et de politiques innovantes qui transcendent les frontières. Pour Mme. Emma Magistri, Représentante de Youth for Future Cooperation, « nous sommes une génération transfrontalière; nous voulons faire partie de ce processus ». À cet égard, M. Jean-Pierre Halkin, Chef d’Unité « Coopération transfrontalière Interreg, frontières intérieures », a souligné qu’il est extrêmement important d’assurer un équilibre entre les âges et les sexes pour la prise de décision.
Gouvernance stratégique pour une offre touristique durable
Le deuxième jour de l’événement, ASCAME a participé activement à l’atelier intitulé « Gouvernance partagée et stratégique de l’offre touristique », l’une des nombreuses sessions thématiques organisées pour les partenaires Interreg. Les ateliers parallèles ont abordé des sujets clés tels que la dimension sociale du tourisme (y compris l’emploi et la formation continue), la transition verte, le tourisme inclusif et accessible, et le développement de produits touristiques innovants. L’atelier de l’ASCAME a été coordonné par le projet Dialogue4Tourism (D4T), du Programme Interreg Euro-MED dans le cadre du Mécanisme Multi-Programme Méditerranéen. Cet atelier, auquel ont participé des représentants d’INTERACT et d’Interreg Italia-Slovenija, a favorisé un échange dynamique sur les stratégies de gouvernance et la collaboration transfrontalière dans le domaine du tourisme durable.
Comme l’a indiqué Mme. Julia Sáiz-Pardo, Chef de file du projet D4T, lors de son discours d’ouverture de l’atelier sur la gouvernance, « l’objectif est de servir de pont entre les projets thématiques, qui travaillent sur des solutions pratiques et locales, et les plans politiques, où des décisions et des stratégies plus larges sont prises ». Elle a ajouté: « Sans projets de gouvernance, les résultats, les innovations et les enseignements des initiatives thématiques risquent de rester isolés. Nous veillons à ce que ces résultats se traduisent par des recommandations politiques significatives, des visions partagées et des stratégies à long terme ».
Cet workshop visait à atteindre deux objectifs principaux. D’une part, favoriser les synergies entre les projets et les bénéficiaires engagés dans le tourisme durable à travers différents programmes. D’autre part, identifier les défis partagés afin de développer des solutions communes. Après deux jours de discussion, les participants ont proposé de nombreuses idées et suggestions:
- La nécessité d’avoir une vision commune avec les parties prenantes, ainsi que d’établir un lien plus fort avec les fonds et les investissements. Il a également été mentionné que le lien entre le sport et le tourisme est un défi.
- Pour maximiser l’impact, ils ont également proposé de créer une task force, d’inclure plus de partenaires dans les appels et de capitaliser sur le réseau des observatoires du tourisme.
- En ce qui concerne la capitalisation, l’atelier a conclu qu’il était important que le projet Community4Tourism (C4T) et le projet D4T travaillent ensemble pour atteindre les parties prenantes, et que les STPL soient renforcés dans le domaine du développement des capacités.
- En ce qui concerne les jeunes, les participants ont suggéré la nécessité de favoriser les synergies, d’aider les organisations de jeunesse en tant que « partenaires obligatoires », de maintenir le programme des volontaires et d’assurer la coopération intergénérationnelle.
