Events Ascame/ janvier 16, 2025/ En vedette, Événements
La région méditerranéenne, plaque tournante du commerce et de la culture, est confrontée à l’instabilité politique, au changement climatique et aux tensions sociales. Il est essentiel de combler les lacunes en matière d’investissement, en particulier dans les domaines de l’énergie verte, des infrastructures, du capital humain et de la technologie, afin de favoriser un avenir résilient et durable. Malgré une certaine reprise économique, les perspectives restent incertaines en raison des contraintes budgétaires et des inefficacités structurelles. Pour relever ces défis, il faut des stratégies d’investissement audacieuses, des partenariats public-privé et un effort commun pour garantir la paix et la stabilité.
Dans le cadre de MedaWeek 2024, Mme. Rym Ayadi, Présidente de l’Association des Économistes Euro-méditerranéens (EMEA), a exposé les principales questions relatives aux défis socio-économiques et environnementaux clés auxquels est confrontée la volonté d’assurer la croissance et de renforcer la résilience. Dans le cadre de la session intitulée ‘Rapport économique annuel sur la Méditerranée’, Mme. Ayadi a commencé à parler des perspectives économiques de la région en se basant sur les piliers actuels de l’économie méditerranéenne et les objectifs projetés pour 2035: « Pour de nombreux pays, la combinaison d’une dette publique élevée et d’un espace fiscal restreint a encore limité leur capacité à investir dans les infrastructures et les réformes nécessaires à une croissance durable ». Elle a ajouté qu’en dépit de la croissance de 2,7 % attendue au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, cette reprise reste fragile: « Nous sommes confrontés à des pressions à la baisse dues à la réduction de la production de pétrole et à la hausse des prix, aux conflits en cours et aux inefficacités structurelles dans de nombreuses économies ».
Mme. Ayadi a également parlé du changement climatique et de la transition durable dans la région. En ce qui concerne la vulnérabilité climatique, elle a déclaré que la Méditerranée est très sensible aux impacts du changement climatique : « La hausse des températures et la pénurie d’eau menacent les économies. Selon elle, « le problème est que nous parlons de catastrophes naturelles qui sont annuelles et dont le coût économique est impossible à calculer, ce qui nécessite une plus grande coopération entre les secteurs public et privé et un plus grand investissement dans les technologies vertes et les nouvelles infrastructures ».
À cet égard, l’orateur a également mis en garde contre l’inégalité de la transition durable en Méditerranée: « Il y a des pays comme le Maroc qui ont fait de grands progrès et qui sont même à la pointe de la production d’énergie solaire, et d’autres qui sont loin derrière, soit à cause des conflits dans leur région, soit à cause des inégalités socio-économiques auxquelles ils sont confrontés ». Pour combler ce fossé, le Présidente de l’EMEA a rappelé la nécessité d’une plus grande coopération entre les secteurs public et privé: « Les investissements dans les énergies renouvelables sont insuffisants. Des efforts coordonnés sont nécessaires pour stimuler le financement et améliorer les réglementations ».
Les catastrophes naturelles en Méditerranée, dont le coût économique est impossible à calculer, nécessitent des investissements plus importants dans les technologies vertes et les nouvelles infrastructures, ainsi qu'une plus grande coopération entre les secteurs public et privé
Un autre point clé de la présentation de Mme. Ayadi a été la modernisation des infrastructures en Méditerranée, surtout dans les ports, les chemins de fer et les routes. Selon elle, « des infrastructures améliorées sont nécessaires pour renforcer la compétitivité de la région, et des réseaux de transport résilients sont essentiels pour la stabilité régionale ». En ce qui concerne les besoins d’investissement, elle a parlé d’une « augmentation annuelle de 3 à 4 % du PIB qui sera nécessaire pour maintenir la compétitivité ». Elle a ajouté que « les partenariats public-privé peuvent combler le déficit de financement ».
Enfin, l’oratrice a évoqué les défis liés à l’adoption de la numérisation dans la région méditerranéenne. Selon elle, ce sont les plus importants à relever: « L’adoption de l’IA (déplacement d’emplois dû à l’automatisation et nécessité de requalifier les travailleurs), l’investissement dans l’enseignement des STEM et l’amélioration de l’alphabétisation et de l’innovation, la promotion d’écosystèmes inclusifs, la réduction de la fracture numérique (accès aux outils numériques pour tous les citoyens dans tous les pays méditerranéens et soutien aux communautés rurales et mal desservies) et la vision de l’avenir (réalisation des avantages de l’IA et de l’économie numérique, en plus de la formation d’une main-d’œuvre capable de s’adapter à l’ère numérique) ».
Mme. Ayadi a conclu sa présentation par cette réflexion: « Les défis de la Méditerranée sont formidables mais pas insurmontables ». Selon elle, il existe trois grandes priorités pour façonner l’avenir de la Méditerranée: « Combler les lacunes en matière d’investissement dans les énergies vertes, les infrastructures, le capital humain et la transformation numérique -pour un avenir plus résilient et durable-, rétablir la confiance pour la paix et la stabilité, et favoriser les partenariats stratégiques en alignant les objectifs entre les gouvernements, les entreprises et les partenaires internationaux -pour stimuler la collaboration en faveur du développement régional-« .
