- Président, Commission Commerce, Vente & Franchise de l'ASCAME
- Président, Chambre de Commerce et d'Industrie du Pirée
« L’industrie navale et maritime grecque représente 7 % du PIB, emploie directement et indirectement environ 300 000 personnes et couvre plus de 30 % du déficit commercial ».
Notre pays détient un important capital national, tiré de notre industrie maritime, qui est caractérisée par une économie et une valeur de négociation stratégique forte, comme sa contribution à l’économie nationale, qui représente 7 % du PIB, emploie directement et indirectement environ 300 000 personnes et couvre plus de 30 % du déficit commercial. Sa contribution est similaire pour l’économie européenne, puisque qu’elle représente 46,48 % (en dpl) de la capacité de la Communauté. Il convient également de relever que, pour chaque million d’euros que le shipping européen apporte au PIB, 1,6 millions d’euros sont générés dans d’autres secteurs de l’économie européenne. Tout changement fondamental éventuel dans la taxation du shipping grec peut avoir des conséquences involontaires, nuisibles non seulement pour notre pays mais également pour le reste de l’Union européenne. La Grèce ne peut pas mettre en péril ce capital national et ne doit pas laisser passer l’occasion de saisir cette valeur qui sera créée par le plan Juncker, d’un montant de 1,5 milliard d’euros, pour la modernisation de la flotte de transport maritime à courte distance dans le sud de l’Europe.
Le « Europa Ship Plan » est une initiative de l’organisation « Hellenic Shortsea Shipowners Association » et traite du renouvellement de la flotte du transport maritime à courte distance, de manière à ce que les navires européens puissent satisfaire les obligations environnementales, telles que celles résultant de la mise en place de la directive de l’UE sur les nouveaux seuils d’émissions de sulfure (0,5 %) en Méditerranée pour 2020. Ce projet mènera à la construction de navires « verts » qui utilisent en parallèle du GNL, comme le carburant. « Les économies d’échelle et la normalisation (modulaire) du processus de la construction navale sont prévues pour créer des avantages stratégiques pour le projet », ainsi mentionné. Le Europa Ship Plan se concentre sur la création d’un mécanisme de financement adapté, avec des conditions favorables et accessible à tous les armateurs du Short Sea, particulièrement dans le sud, qui dans les circonstances actuelles, fait face au plus grand problème de recherche de fonds. Pour cette raison, la « SPV Europa Venture Ltd », a déjà été créée afin de mettre en place et de promouvoir le Europa Ship Plan.
Cependant, notre pays n’est pas totalement prêt à accueillir ces opérations, étant donné que l’industrie de réparation est substantiellement moins active à présent. Dans ce contexte, la vice-ministre de l’industrie, Mme Theodora Tzakri, a annoncé dans le cadre du conseil administratif de la CCIP qu’elle tentait d’établir un « Secrétariat de la réparation navale spéciale » au sein du ministère de l’économie, développement et tourisme, soulignant que « nous devons profiter de la situation internationale et du plan Juncker pour booster le Pirée. Les synergies appuieront assurément cette direction. Les idées, aussi bonnes soient-elles, dissimulent toujours le risque d’idées restantes et qui ne sont pas traduites en actions. Par conséquent, nous avons mis en place un groupe de travail de dirigeants qui, nous croyons, peut favoriser la formation de clusters d’affaires ».
S’efforçant d’apporter une contribution efficace dans cette direction, la chambre de commerce et d’industrie du Pirée (CCIP), prend constamment des initiatives, lançant une série d’actions correspondantes. Je voudrais mentionner, à titre indicatif, la création d’un nouveau département au sein de la chambre, se spécialisant dans les activités maritimes et la relance de l’activité de construction navale, en raison de sa particularité de représenter des entreprises engagées dans l’exploitation du plus grand port du pays et de la vaste région du sud-est de la Méditerranée. Mais également, la création du premier cluster maritime grec, la mise à jour du service émetteur de la License Ship Repairs, sa coopération avec la communauté académique du Pirée, l’achèvement réussi de deux programmes de formation / certification, au sein du CRSN 2007-2013, pour 4 000 personnes, principalement dans le secteur de la réparation navale, ayant pour but d’accroître l’emploi dans la région, la soumission de propositions fondamentales au gouvernement pour la nouvelle Loi de Développement, etc.
En conclusion, je crois fortement que l’utilisation correcte et la gestion sérieuse des programmes européens, est une excellente opportunité qui entraînera un développement durable du transport et du shipping. La reprise économique du pays peut compter sur l’exemple de la réussite de notre industrie maritime qui est un leader mondial, en utilisant tous les outils apportés par sa longue et pertinente tradition, mais aussi les réussites de ses concurrents.
09/02/2016