- octobre 6th, 2026
Dans la lignée du succès des éditions précédentes, la communauté méditerranéenne s’est à nouveau réunie les 1er et 2 octobre à Cagliari (Sardaigne, Italie) à l’occasion du Forum économique des villes méditerranéennes, MedaCityForum 2026, consacré au rôle des villes et des entreprises dans le développement économique et social de la région euro-méditerranéenne. Organisé par la Chambre de Commerce de Cagliari-Oristano, en collaboration avec l’ASCAME, ce sommet a réuni des représentants institutionnels, des autorités locales, des organisations internationales, des chambres de commerce, des universités, des entreprises et des parties prenantes de toute la Méditerranée.
Les discussions ont porté sur les principaux défis de la région, notamment la coopération, l’investissement, la durabilité urbaine, le tourisme, les ports et le développement territorial. Toutefois, le thème central de l’édition de cette année était le Pacte pour la Méditerranée, une initiative lancée l’année dernière par la Commission Européenne afin d’approfondir la coopération et de renforcer la connectivité économique entre l’Union Européenne et les pays de la rive sud. Dans ce contexte, MedaCity a offert une plateforme de dialogue entre les institutions et le monde des affaires dans le but d’identifier des propositions concrètes permettant de traduire les objectifs stratégiques du partenariat euro-méditerranéen en opportunités tangibles pour les territoires, les entreprises et les citoyens.
ASCAME Lab pour la mise en œuvre du Pacte pour la Méditerranée
L’un des moments forts du MedaCity Forum 2026 a été l’atelier intitulé « ASCAME Lab pour la mise en œuvre du Pacte pour la Méditerranée », qui a réuni des entreprises, des Chambres de Commerce et des acteurs économiques afin d’identifier les besoins, les opportunités et les initiatives susceptibles de contribuer à la mise en œuvre des priorités prévues par le Pacte.
Cette session a réuni 23 entreprises et organisations issues de 7 pays méditerranéens (Liban, Turquie, Tunisie, Maroc, Grèce, Espagne et Italie), représentant les deux rives de la région. Les secteurs représentés étaient les suivants : transport et logistique, tourisme et hôtellerie, agroalimentaire, économie circulaire, mobilité partagée, ingénierie navale, systèmes industriels, formation et recherche, services numériques et commerce de détail.
Cette activité a permis de recueillir le témoignage direct des entreprises méditerranéennes et de mettre en avant le rôle des Chambres de Commerce en tant qu’interlocuteurs et « antennes territoriales » capables de favoriser le dialogue entre les institutions européennes et le secteur privé. Les résultats de l’atelier ont été présentés le lendemain lors de la première table ronde intitulée « Instruments financiers et investissement : le nouveau pacte pour la Méditerranée ». Voici les principaux enseignements qui en ont été tirés :
- Les obstacles les plus souvent cités : la bureaucratie et les obstacles réglementaires ; la méconnaissance des opportunités offertes par l’UE ; l’accès au financement et au crédit ; la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
- Les opportunités les plus plébiscitées : l’accès aux fonds et aux programmes du Pacte ; les partenariats avec l’autre rive ; l’énergie propre et le développement durable en tant que marché ; les flux touristiques et commerciaux en Méditerranée.
- Les formes de soutien les plus demandées : financement, garanties et cofinancement ; accompagnement technique pour les appels à projets de l’UE ; partenaires fiables et veille économique ; facilitation institutionnelle transfrontalière.
Le Lab a également approuvé trois initiatives pilotes pour 2027 :
- Participer au développement d’un programme de formation euro-méditerranéen dédié au commerce maritime et à la logistique, qui en est déjà à sa phase pilote en collaboration avec des institutions de l’UE et de la région méditerranéenne, en y ajoutant un volet de formation technique dans le cadre duquel les PME de la rive sud ouvrent leurs ateliers aux stagiaires. Œuvrer à la mobilité des qualifications à l’échelle du bassin.
- Créer une plateforme facilitant les liaisons entre les partenaires du nord et du sud de la Méditerranée, mise en place en collaboration avec les autorités portuaires, les administrations maritimes et les Chambres de Commerce, afin de rationaliser les opérations et de créer un modèle reproductible.
- Un port sec dédié à la logistique verte, situé à l’intérieur des terres dans la région euro-méditerranéenne – énergie solaire, stockage, véhicules électriques : un modèle finançable et reproductible qui pourrait voir le jour en 2027.
Les discussions se poursuivront lors du prochain Forum économique et commercial euro-méditerranéen – le Sommet du Pirée, organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pirée les 18 et 19 novembre, afin de faire progresser davantage un programme commun en faveur de la coopération et de l’intégration économique en Méditerranée.
Les entreprises et les Chambres de Commerce au cœur du Pacte pour la Méditerranée
Les responsables institutionnels présents au forum ont souligné que le succès du Pacte pour la Méditerranée dépendra de l’implication active des entreprises, des chambres de commerce et de partenariats public-privé solides. M. Raffaele Fitto, Vice-Président exécutif de la Commission Européenne, a mis en avant que « la coopération entre les territoires peut générer des résultats concrets en reliant les économies, en favorisant l’investissement, en renforçant l’innovation et en créant de nouvelles opportunités dans toute la région ». Faisant écho à cette vision, M. Francisco Joaquín Gaztelu, Directeur pour l’Afrique du Nord à la DG MENA, a souligné qu’« un Pacte couronné de succès passe par l’écoute des entreprises, le soutien aux PME et la création de synergies entre les secteurs, tout en veillant à ce que les priorités du secteur privé se traduisent par des actions concrètes ».
L’importance de transformer le dialogue en coopération concrète a été un thème récurrent tout au long des discussions. M. Marco Stella, Chef d’équipe à la DG MENA, a souligné que « le Pacte ne peut aboutir que grâce à l’engagement conjoint des collectivités locales, des entreprises et des parties prenantes des deux rives de la Méditerranée, en transformant les priorités communes en investissements, en emplois et en croissance ». De même, M. Marco Mura, chargé de programme à l’Assemblée Parlementaire de la Méditerranée, a insisté sur « la valeur stratégique des partenariats public-privé pour mobiliser les investissements et créer de nouvelles opportunités pour la région ».
Les représentants de l’ASCAME et de son réseau ont également réaffirmé l’engagement de l’association à veiller à ce que la voix des entreprises méditerranéennes soit prise en compte dans le Pacte. Mme. Anna Terrón, Conseillère de l’ASCAME, a décrit l’association comme « un pont entre les décideurs politiques et le secteur privé, capable de traduire des ambitions communes en opportunités concrètes ». Dans le même esprit, le Dr. Josep Santacreu, Président de l’ASCAME, a souligné que « le Pacte doit être élaboré collectivement par les institutions, les entreprises, les villes, les universités, la société civile et les organisations internationales ».
Enfin, M. Maurizio De Pascale, Président de la Chambre de Commerce de Cagliari-Oristano, a qualifié le Pacte d’« opportunité stratégique pour placer le secteur privé au cœur de la coopération euro-méditerranéenne, réaffirmant ainsi le rôle de l’ASCAME en tant que porte-parole de premier plan des entreprises méditerranéennes ».
