• janvier 19th, 2026

Les 16 et 17 janvier, l’ASCAME, en collaboration avec son partenaire KARDEV, a co-organisé la 3e édition du AfricaMed Business Forum sur le thème « L’industrie sportive africaine – Au-delà du jeu, construire l’économie ». Le sommet s’est tenu à Casablanca (Maroc), dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN26) et de la prochaine Coupe du Monde 2030, qui se déroulera dans trois pays méditerranéens : le Maroc, le Portugal et l’Espagne. Cette édition poursuivait deux objectifs stratégiques. Premièrement, promouvoir le sport en tant que secteur économique pleinement productif, dont l’impact dépasse le cadre des événements et des performances athlétiques. Deuxièmement, renforcer la coopération économique et stratégique entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique.

Entièrement consacré au développement et à la structuration de l’industrie du sport en Afrique, le forum était axé sur le thème « De 0,5 % à 5 % du PIB: la décennie de l’industrie africaine du sport ». Ce fil conducteur a structuré deux jours de discussions de haut niveau qui ont réuni des responsables publics, des chefs d’entreprise, des investisseurs, des représentants du monde sportif et des experts du secteur. Les participants ont unanimement souligné la nécessité de repositionner le sport comme un véritable secteur industriel, capable de devenir un moteur de croissance économique, de création d’emplois, d’innovation et d’intégration continentale.

Alors que le marché mondial du sport est estimé à plus de 700 milliards de dollars, la contribution du continent africain reste marginale, représentant moins de 0,5% du PIB du continent. Dans ce contexte, les représentants de l’Union africaine ont réaffirmé leur ambition de faire passer la contribution du secteur de 0,5% à 5% du PIB africain d’ici 2035. Cette « Décennie de l’industrie sportive africaine » s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063 et repose sur des leviers clés : des politiques publiques cohérentes, des infrastructures économiquement viables, le développement des talents, l’innovation technologique et l’inclusion des jeunes et des femmes.

Cette ambition a été fortement reprise par Mme. Loubna Karroum, PDG de KARDEV, qui a souligné que « l’Afrique n’a jamais manqué de talents ou de marchés, mais plutôt de plateformes capables de transformer ce potentiel en valeur durable ». Elle a également mis en avant la convergence croissante entre le sport, le tourisme et le développement économique: « Le sport est devenu un véritable moteur du tourisme et de nouvelles expériences à travers le monde. Aujourd’hui, les gens voyagent pour pratiquer des activités telles que le yoga, la randonnée, le golf ou le paddle, à la recherche de bien-être, de nature et de connexion. Demain, de nouvelles disciplines continueront à démocratiser la pratique sportive ». Elle a en outre souligné le rôle essentiel du secteur privé: « On ne peut pas parler de développement ou de chaînes de valeur dans le sport sans son implication active. L’innovation, l’investissement et la création d’expériences reposent sur une collaboration étroite entre les acteurs publics et privés. L’avenir du sport est mondial, inclusif et plein d’opportunités ».

Renforcer la coopération économique entre l’Afrique et la Méditerranée

L’AfricaMed Business Forum 2026 a également servi de coup d’envoi stratégique pour accélérer la coopération et jeter les bases des initiatives et événements à venir dans la perspective de la Coupe du Monde 2030, en tirant parti du sport comme catalyseur d’innovation, d’investissement et de collaboration internationale. Le choix du Maroc pour accueillir cette compétition reflète la trajectoire d’un pays qui a fait du sport un pilier de son développement économique et territorial, sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Grâce aux infrastructures, à l’urbanisme et à l’alignement sur les politiques industrielles, le sport est de plus en plus intégré dans les stratégies nationales.

Les discussions ont porté sur des thèmes clés tels que le financement et le développement des infrastructures sportives, les modèles économiques du sport, les droits médiatiques et de diffusion, l’innovation et les technologies du sport, la numérisation des écosystèmes sportifs, l’inclusion des jeunes et le sport féminin, la diplomatie sportive et l’influence internationale, ainsi que les synergies entre le sport, la santé, la nutrition, l’agriculture et le développement territorial. Après deux éditions fondatrices, cette troisième édition a marqué un tournant stratégique, passant de la réflexion à l’industrialisation. Le sport est désormais considéré comme un pilier de la diversification économique, à la croisée des investissements productifs, de l’innovation et de la coopération Sud-Sud. Dans un contexte mondial où le sport représente près de 1% du PIB mondial, le retard de l’Afrique apparaît moins comme une fatalité structurelle que comme un retard organisationnel à combler.

Au cours de cet événement, l’ASCAME a reçu le prix du partenariat stratégique, qui récompense son rôle clé dans la création de passerelles entre les écosystèmes commerciaux, les institutions et le secteur privé au niveau international. Le prix a été remis à Mme. Estela Delgado, responsable des projets et de la coopération internationale de l’ASCAME, et Mme. Andrea Mullerat, responsable du développement et du marketing de l’ASCAME.