Oscar Maronda/ octobre 15, 2026/ En vedette, Projets Ascame

Le MedaCity Forum 2026 a débuté par l’atelier intitulé « Les principaux programmes de coopération euro-méditerranéenne : Interreg NEXT MED et PRIMA – Période de programmation actuelle et défis futurs ». Cette session a réuni des représentants des organismes de gestion des deux programmes, l’ASCAME y jouant un rôle actif en tant que partenaire clé. Les participants ont passé en revue les réalisations et les résultats de la période de programmation en cours, tout en explorant les priorités et les opportunités qui façonneront le cycle 2028-2034. L’atelier a favorisé le dialogue sur l’avenir de la coopération euro-méditerranéenne. Il a mis en évidence le rôle stratégique de ces programmes dans la réponse aux défis régionaux communs et la promotion du développement durable dans l’ensemble du bassin méditerranéen.

En ouverture de la séance, M. Emanuele Cabras, Conseiller en coopération euro-méditerranéenne à la Chambre de Commerce de Cagliari-Oristano et Président d’OpenMed, a souligné le rôle de longue date joué par les chambres de commerce dans le renforcement de la coopération euro-méditerranéenne et la facilitation de l’accès du secteur privé aux programmes européens. Il a rappelé l’expérience acquise au cours de la période de programmation 2007-2013 de l’ENPI CBC MED, durant laquelle la Chambre de Commerce de Cagliari, en coopération avec l’ASCAME, avait mis en place un mécanisme de soutien dédié visant à informer les Chambres de Commerce méditerranéennes des possibilités de financement européen, à faciliter l’accès aux programmes de coopération, à soutenir le développement de projets et à favoriser les partenariats stratégiques. Cette initiative visait également à renforcer la participation des organisations du secteur privé aux efforts de coopération régionale.

Les résultats ont mis en évidence l’engagement croissant des chambres de commerce dans les projets euro-méditerranéens, avec 21 projets impliquant des Chambres de Commerce, 44 participations en tant que partenaires de projet et 14,6 millions d’euros gérés par des institutions des chambres de commerce, ce qui représente environ 7% du budget global du programme.

M. Cabras a également souligné l’importance de s’appuyer sur cette expérience pour soutenir la mise en œuvre du nouveau Pacte pour la Méditerranée. Dans ce contexte, il a mis en avant la contribution active de l’ASCAME à la promotion d’un partenariat méditerranéen plus inclusif et axé sur les entreprises, en accordant une attention particulière au développement des PME, aux compétences et à la formation professionnelle, à l’autonomisation économique des femmes, à l’employabilité des jeunes, ainsi qu’à la transition écologique et numérique des entreprises.

M. Emanuele Cabras (Chambre de Commerce de Cagliari-Oristano) : Les Chambres de Commerce jouent un rôle essentiel pour faciliter l'accès aux programmes de coopération, soutenir l'élaboration de projets, faire connaître les possibilités de financement européen et favoriser les partenariats stratégiques

INTERREG NEXT MED : Renforcer la coopération à travers la Méditerranée

Au cours de l’atelier, M. Aldo Puleo, Responsable de programme pour Interreg NEXT MED, a présenté les dernières évolutions de l’un des principaux programmes de coopération de l’Union Européenne en Méditerranée. Son intervention a mis en évidence la manière dont ce programme aide les organisations, les institutions et les communautés locales à collaborer pour relever des défis communs et créer de nouvelles opportunités dans toute la région.

Aujourd’hui, Interreg NEXT MED relie 15 pays méditerranéens et plus de 100 territoires, réunissant des partenaires des deux rives de la Méditerranée. Avec plus de 200 millions d’habitants dans la zone de coopération, le programme a déjà soutenu 108 projets impliquant 715 organisations, grâce à un financement européen de 231 millions d’euros. Ces projets se concentrent sur des solutions concrètes qui contribuent à un développement plus durable, innovant et inclusif dans toute la région.

M. Puleo a également évoqué certaines des réalisations récentes du programme, notamment dans le domaine du tourisme durable. L’une des principales réussites a été la mise en place d’un cadre commun permettant aux différents programmes de coopération méditerranéens de collaborer plus étroitement, de partager leurs connaissances et de s’appuyer sur des expériences fructueuses. Il a également mis en avant les visites d’apprentissage par les pairs en Méditerranée, qui permettent aux partenaires de projets issus de différents pays d’échanger des idées, d’apprendre les uns des autres et d’adapter des solutions efficaces à leurs contextes locaux.

Une partie essentielle de la présentation a porté sur le troisième appel à projets consacré au tourisme durable, lancé en coopération avec neuf autres programmes Interreg dans le cadre du Mécanisme Multiprogramme Méditerranéen. Doté d’un budget de 8 millions d’euros, cet appel vise à soutenir des projets capables d’adapter et de réutiliser des solutions ayant déjà donné des résultats positifs ailleurs en Méditerranée. En encourageant les organisations à s’appuyer sur les connaissances existantes plutôt que de repartir de zéro, cette initiative cherche à maximiser l’impact et à promouvoir des modèles de tourisme plus durables dans toute la région.

Pour l’avenir, M. Puleo a également présenté les premières étapes en vue de la période de programmation post-2027, soulignant que le futur programme devrait répondre aux nouveaux défis et aux besoins en constante évolution dans l’ensemble de la région méditerranéenne, tout en s’appuyant sur les enseignements tirés des projets actuels. Il a souligné l’importance d’associer les autorités nationales et les parties prenantes à l’élaboration de la prochaine phase de coopération et a mis en avant le soutien massif exprimé en faveur de la poursuite et du renforcement du programme au-delà de 2027, en mettant davantage l’accent sur la généralisation des initiatives couronnées de succès et sur l’augmentation de leur impact à long terme.

M. Aldo Puleo (Interreg NEXT MED) : Alors que nous nous projetons au-delà de 2027, notre priorité doit être de tirer parti des acquis des programmes actuels tout en nous adaptant aux défis en constante évolution de la Méditerranée. La prochaine phase de coopération devrait être définie par les parties prenantes de toute la région et viser à atteindre une plus grande envergure, un impact plus important et une valeur à long terme

PRIMA : Recherche et innovation pour une Méditerranée plus résiliente

Par ailleurs, le Dr. Mohamed Wageih, chargé de projet au sein de PRIMA, a présenté le rôle joué par le programme pour relever certains des défis les plus urgents de la région grâce à la recherche, à l’innovation et à la coopération transfrontalière.

M. Wageih a souligné que bon nombre des principaux défis de la Méditerranée, notamment le changement climatique, la pénurie d’eau, la sécurité alimentaire, les inégalités sociales, le chômage et le développement fragmenté, dépassent les frontières nationales et nécessitent donc des solutions communes. Dans ce contexte, PRIMA constitue une initiative euro-méditerranéenne phare qui rassemble des pays, des institutions, des chercheurs et des innovateurs afin d’élaborer des réponses concrètes contribuant à une région méditerranéenne plus durable, plus résiliente et plus prospère.

Depuis son lancement en 2018, PRIMA a soutenu 305 projets pour un budget total de 479 millions d’euros, impliquant plus de 2.900 bénéficiaires dans toute la Méditerranée. Ses activités s’articulent autour de quatre axes principaux : la gestion durable de l’eau, les systèmes agricoles résilients au changement climatique, les chaînes de valeur agroalimentaires durables et le néxus eau-énergie-alimentation-écosystèmes (WEFE). À travers ces projets, PRIMA vise à générer des solutions innovantes capables d’améliorer la gestion des ressources, de renforcer les systèmes alimentaires et d’accroître la durabilité environnementale dans toute la région.

L’un des messages clés de cette présentation était qu’une recherche réussie doit, en fin de compte, se traduire par des avantages concrets pour la société. Selon M. Wageih, « le succès doit être mesuré à l’aune de son impact, et non simplement en fonction des livrables et des résultats ». Selon lui, « un projet de recherche réussi ne doit pas s’arrêter à une publication, un prototype ou un rapport final. Sa véritable valeur se révèle lorsque les solutions sont adoptées, démontrées, transférées, commercialisées, reproduites et déployées à grande échelle, pour atteindre les agriculteurs, les entreprises, les décideurs politiques et les communautés méditerranéennes ». À cet égard, PRIMA encourage la collaboration entre chercheurs, décideurs politiques, entreprises et communautés locales afin de garantir que l’innovation ait un impact économique, social et environnemental mesurable.

Dr. Mohamed Wageih (PRIMA) : La Méditerranée n'est pas une frontière entre les deux rives, mais un pont vers un destin et un avenir communs

L’un des moments forts de la présentation a été l’annonce de Future4PRIMA (PRIMA 2), une nouvelle initiative qui définira la prochaine phase de la coopération euro-méditerranéenne en matière de recherche et d’innovation. S’appuyant sur les résultats obtenus par l’actuel programme PRIMA, ce nouvel appel à projets vise à renforcer la collaboration entre les organismes de financement de la recherche et de l’innovation des 16 pays participants, tout en élargissant le champ d’action de PRIMA afin de relever les nouveaux défis qui se posent dans l’ensemble du bassin méditerranéen.

Future4PRIMA promeut une approche plus intégrée de la gestion des ressources en élargissant la coopération à des domaines tels que les écosystèmes, l’énergie et la santé, tout en renforçant son engagement de longue date en faveur d’une gestion durable de l’eau et des systèmes alimentaires. Cette initiative vise également à améliorer la coordination entre les pays participants, à soutenir la généralisation des innovations couronnées de succès et à créer des liens plus solides entre la recherche, l’élaboration des politiques et l’adoption par le marché.

Fondamentalement, PRIMA 2 vise à transformer les résultats de la recherche en solutions concrètes susceptibles d’apporter des bénéfices durables aux communautés méditerranéennes. En favorisant l’innovation, la coopération transfrontalière et la coordination stratégique, cette initiative entend contribuer à la mise en place, dans toute la région, de systèmes agroalimentaires plus résilients face aux aléas hydrologiques, plus durables et plus compétitifs. Comme l’a conclu M. Wageih, « la Méditerranée n’est pas une frontière entre les deux rives, mais un pont vers un destin et un avenir communs ».