Events Ascame/ février 5, 2025/ En vedette, Membres de l'Ascame

En janvier 2025, la Commission Européenne a présenté la ‘Boussole de la compétitivité’, une nouvelle feuille de route visant à restaurer le dynamisme de l’Europe et à stimuler sa croissance économique. La Boussole s’appuie sur l’analyse du rapport de Mario Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne et fournit un cadre stratégique pour guider le travail de la Commission au cours de ce mandat. Le rapport Draghi a initialement identifié trois impératifs pour que l’UE stimule sa compétitivité: le renforcement de l’innovation, la promotion de la décarbonisation et la sécurité des approvisionnements énergétiques.

Les PME européennes ont accueilli favorablement le ‘Competitiveness Compass’, qui définit une approche et des mesures pour traduire ces impératifs dans la réalité. Cependant, des actions sont nécessaires pour atteindre cet objectif. En ce sens, il est nécessaire de simplifier et de moderniser l’environnement réglementaire et d’améliorer la coordination des politiques entre les différents niveaux de gouvernement. Les PME ont insisté sur le fait qu’elles devraient faire l’objet d’un chapitre spécial, tel que l’ «Accord sur l’industrie propre» et l’ «Économie circulaire». La transition vers l’écologie, la décarbonisation et les factures d’énergie doit se faire sur un pied d’égalité entre les petites et les grandes entreprises industrielles afin de faire face à la hausse des coûts de l’énergie de manière plus équitable. L’énergie est un point de référence clé, et en particulier la réduction de ses prix.

pexels-marco-288924445-13153479

La Présidente de la Commission Européenne, Mme. Ursula von der Leyen, a promis un « choc de simplification » des règles réglementaires dans le cadre de la « doctrine économique » tant attendue de la nouvelle Commission pour les cinq prochaines années, afin d’éviter que l’Europe ne risque de rester sur la voie d’une faible croissance et d’être à la traîne dans la concurrence avec les États-Unis et la Chine. Elle a toutefois admis que les engagements de la Commission en faveur du renforcement de la croissance économique et de la réduction de la bureaucratie n’étaient pas suffisants. Les gouvernements, qui ont déjà accepté d’adopter la ‘Déclaration de Budapest’, doivent prendre des mesures pertinentes. Mme. Von der Leyen a expliqué que le plan, la feuille de route et la volonté politique n’ont aucune signification réelle s’il n’y a pas de rapidité et d’unité, en plus de la coordination des réformes nationales pour la compétitivité.

Le ‘Competitiveness Compass’ annonce à juste titre une simplification importante, mais les PME attendent une évaluation minutieuse des conséquences involontaires de la législation et des mesures pour les corriger. La Commission Européenne devrait travailler avec les acteurs du marché pour développer des mesures spécifiques visant à réduire de 25% les obligations de reporting pour toutes les entreprises privées et de 35 % pour les PME. En effet, en ce qui concerne les rapports sur le financement durable, la prochaine proposition Omnibus devrait modifier la « norme PME » pour un maximum de rapports sur le développement durable et toute autre demande d’information de la part des grandes entreprises et des institutions financières, en la faisant passer d’obligatoire à volontaire.

La Commission Européenne devrait collaborer avec les acteurs du marché pour élaborer des mesures spécifiques visant à réduire de 25% les obligations de déclaration pour toutes les entreprises privées et de 35% pour les PME

En outre, l’Association pour l’Épargne et l’Investissement devrait débloquer le financement privé nécessaire pour servir toutes les entreprises. L’accès au financement est ce qui permet aux PME d’innover, de croître et d’investir dans leur transition verte et numérique. Un marché européen des capitaux qui fonctionne et des services bancaires de base accessibles sont donc nécessaires. Cela signifie qu’il faut développer une politique et une législation basées sur la capacité des petites entreprises et ajouter des exigences pour les grandes entreprises, en fonction de leur taille et de leur impact. De cette manière, on crée une échelle plutôt que d’exclure de nombreuses entreprises. Un soutien supplémentaire devrait être apporté aux entreprises ayant des capacités moindres, mais un fort potentiel de croissance. Le plan « Clean Industrial Deal » ne mentionne pas actuellement de voie claire pour les PME européennes, qui représentent pourtant plus de 99 % de tous les écosystèmes industriels, y compris les industries à forte intensité énergétique et la production d’énergie renouvelable.

Il ne suffit pas d’expliquer comment le principal problème de l’Europe, à savoir attirer les investissements, sera résolu, en particulier lorsque les plus grandes économies de la zone euro, l’Allemagne et la France, sont en situation de faiblesse budgétaire. Dans le même temps, l’UE est menacée par l’imposition de droits de douane par les États-Unis et la Chine. Pour rendre l’Europe plus attrayante aux yeux des investisseurs, il faut simplifier et accélérer les démarches visant à encourager les entrepreneurs à tester et à développer des idées pour créer des entreprises durables. Les ambitions politiques ne deviennent réalité que si les PME peuvent être rentables pour investir dans les changements demandés. Même si l’Europe utilise une boussole au lieu d’une carte satellite, veillons à la « calibrer » correctement, de manière à ce qu’elle soutienne les modèles d’entreprise circulaires des PME et fournisse des incitations à l’utilisation efficace des ressources.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*