L'intégration des femmes sur le marché du travail méditerranéen permettrait d'augmenter le PIB de 47%

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Barcelone, le 6 mars 2020 – L’image de la femme entrepreneure est une réalité de plus en plus présente dans les économies méditerranéennes. Les jeunes formés dans les pays de la rive sud de la Méditerranée, y compris ceux des pays qui ont connu les révolutions du printemps arabe, réclament les mêmes opportunités que leurs homologues de la rive nord. En effet, ils aspirent à obtenir un emploi correspondant à leur niveau de formation et à avoir les moyens de créer leur propre entreprise.

Toutefois, malgré les progrès réalisés dans certains pays de la région, l'intégration des femmes sur le marché du travail reste l'un de leurs principaux problèmes non résolus. Cela est dû en partie au faible revenu par habitant, aux niveaux élevés de pauvreté dans certaines couches sociales et à une situation politico-économique internationale moins favorable que par le passé.

Les femmes méditerranéennes sont amenées à jouer un rôle fondamental dans la construction de la région, car seule leur pleine intégration dans le marché du travail permettra d'atteindre efficacement les objectifs de l'intégration régionale. C'est pourquoi, aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire de mettre en place des programmes spécifiques visant à promouvoir l'entrepreneuriat féminin et à financer les femmes entrepreneures. Il est certain que le développement des pays méditerranéens ne sera pas possible sans la construction d'une société basée sur l'égalité des chances, qui assure la participation active des femmes dans le tissu économico-commercial.

En chiffres, le soutien aux femmes se traduirait par une augmentation de 12 000 milliards de dollars du PIB mondial d'ici 2025. Cette tendance est déjà observée durant ces dernières années : depuis 2012, le taux d'activité entrepreneuriale des femmes a augmenté de 7 % dans 61 pays du monde et le déficit entrepreneurial entre les hommes et les femmes a été réduit de 6 %, la participation des femmes à l'entrepreneuriat étant de 11 % contre 16 % pour les hommes.

Les inégalités les plus criantes se situent sur les rives du sud et de l'est de la Méditerranée, avec seulement 49,2% de la population de ces régions participant au marché du travail, contre 63,5% dans le monde. Et, bien que le niveau d'éducation n'ait pas cessé de croître dans la plupart de ces pays, les chiffres recueillis auprès des diplômés sont alarmants. Selon Anwar Zibaoui, Coordinateur Général de l'ASCAME (Association des Chambres de Commerce et d'Industrie de la Méditerranée) : « Le chômage a atteint une situation insoutenable, surtout au sein de la population féminine. Quelque 45 % des femmes n'ont pas d'emploi. Si la présence des celles-ci dans la vie active se développait au sud et à l'est de la Méditerranée, le PIB de la région augmenterait de 47% au cours de la prochaine décennie, contre 18% actuellement ».

La transition culturelle et économique des pays méditerranéens est aujourd'hui inévitable. Ce n'est que dans une société inclusive, dans laquelle les femmes peuvent développer tout leur potentiel en créant des entreprises innovantes qui leur procurent un avantage concurrentiel, que les obstacles auxquels la région est confrontée pourront être surmontés. L'exploitation des talents de l'autre moitié de la population sera sans aucun doute le moyen le plus efficace pour les économies méditerranéennes de se développer.

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